Note d’intention
Avec Le Moulin des plaisirs, je propose un cycle de sept fables en vers qui assume un pastiche “à la manière de” La Fontaine mais en s’adossant surtout à l’autre versant de son œuvre : celui des Contes et nouvelles en vers, récits explicitement licencieux / grivois. L’enjeu est de réinvestir cet érotisme-là pour le contester et le reconfigurer.
Sur le plan formel, le cycle assume un maintien de l’alexandrin rimé et d’un lexique volontairement classique afin de produire un écart politique dans un cadre linguistique à priori très codé : la morale de fable.
Le jeu consiste à faire travailler de l’intérieur une langue et un imaginaire hérités de la culture patriarcale plutôt qu’à les abandonner, en les mettant au service d’un partage du plaisir affranchi des rapports de force habituels.
Ce que je veux déplacer
Les textes reprennent des ressorts hérités du conte gaillard et de la fable morale, mais en les retournant contre les évidences qui structurent souvent l’imaginaire érotique canonique : asymétrie de pouvoir, contrainte plus ou moins naturalisée, fétichisation d’un statut, d’un âge “désirable”, d’une beauté normée, ou d’une performance virile.
Ici, la scène sexuelle explicite est construite sur une seule condition de légitimité : le consentement formulé, l’accord des corps, la négociation, et la possibilité pour chacun.e de rester sujet de son désir.
Pourquoi garder un cadre formel “classique”
Je maintiens l’alexandrin rimé, un lexique volontairement classique, et surtout la moralité finale précisément parce que ce dispositif est historiquement normatif. Le pari est de produire un écart politique sans changer de moule : faire travailler de l’intérieur une langue codée, et déplacer ce que la morale “autorise”.
La morale devient un instrument de légitimation d’autres agencements du plaisir y compris quand ils contredisent les hiérarchies habituelles.
Position éthique et politique
L’érotisme du cycle reste transgression, mais la transgression visée n’est ni la violence, ni l’humiliation, ni la marchandisation. Elle porte sur l’imaginaire. Je cherche une obscénité du langage qui ne reconduise pas la domination mais mette en scène une circulation du pouvoir, des désirs explicites, et des corps pluriels.
L'érotisme reste toujours dans la transgression mais, ici, dans la transgression des normes mêmes de... la transgression ! L'érotisme se situe alors dans la découverte de nouvelles possibilités.
Dans la transgression de fantasmes éculés, devenus la norme.
Le Moulin des plaisirs
Partie 1
Les deux bergers et la bergère
Deux robustes bergers, vaillants et fort capables,
Se disputaient l'amour d'une belle indomptable :
Une fière bergère, charmante et volontaire,
Se plaisant aux doux jeux de l’amour solitaire.
Mais que fait donc la belle, si seule et sans attente ?
Un soir d'été sous les étoiles éclatantes,
Ils frappent au logis de la belle méprisante,
Tant le désir de lever le voile les hante.
La rusée les conviant tous deux au festin
S’ils apportent œufs, pain, fromage et du bon vin,
Ils s’accordent, mais la flamme en son œil fait pire :
Ils en oublient la querelle et ses vains soupirs.
Repus et charmés, les deux amis, sans outrance,
Se laissèrent porter par la brûlante danse
De leurs regards si beaux, si doux et envoûtants,
Oubliant tourments et jalousie tout autant !
La nuit glisse en silence au cœur de leur repaire,
Où leurs corps déliés s'abandonnent en paire.
Maître Désir les unit dans un même élan,
Les enlace sous des yeux purs et bienveillants.
Leurs souffles emmêlés bercent l’ombre complice,
Tandis que la bergère, en un doux sacrifice,
Goûte aux plaisirs subtils qu’offre cette vision,
Vibrant au rythme lent de leur communion.
Comme la nuit entoure la maison taiseuse,
Se laissant aller à leurs idées licencieuses,
Les trois complices, sans l'ombre d'une lie,
Laissent alors leur passion sonner l’hallali.
La femme dans l’ombre du foyer alors reste,
Observant les deux bergers, sans le moindre geste,
Leurs corps s'entrelaçant dans une ardente étreinte,
Sous son regard ému et une joie non feinte.
Elle les contemple avec une lueur dans les yeux,
Savourant le spectacle de leur émoi joyeux.
Soupirs et gémissements remplissent alors l'air,
Mélodie du Bonheur, symphonie de Mahler.
Les gladiateurs, unis dans un même combat,
Partagent leurs élans et leurs cris, et leurs pas.
Le cœur battant au rythme fier de leurs étreintes,
Elle se bat avec eux en mêlant joie et crainte.
Voici qu’elle, témoin de cet amour agreste,
Lors, laissant parler la chair qui se manifeste,
Ressent en son sein une chaleur incendiaire
Et crie tant, et de joie, que les amants s'affairent.
Quand enfin trouvée l'extase tant attendue,
Voilà qu’elle leur sourit, heureuse et émue.
Elle sait que cette nuit reste à jamais gravée,
Dans les mémoires de ceux qui osent aimer.
Quand l’aube vint percer les brumes de la plaine,
Trois cœurs apaisés, loin de toute idée vilaine,
Se quittèrent en paix, le sourire attendri,
Gardant au fond des yeux l’éclat de cette nuit.
Ainsi, douce épître au creux de cette mémoire :
L’amour n’a ni carcan, ni règle ni devoir.
Si les corps s’accordent au chant de leurs murmures,
Qu’importe le moment, pourvu qu’il te soit pur.
Partie 2
Le meunier, la meunière et le voyageur
En un bourg retiré, non loin de la rivière,
Vivait un bon meunier, d’humeur folâtre et légère,
Mais dont l’œil frisait plus au passage des belles,
Que son corps engourdi, aux élans trop rebelles.
Les ans, sans doute, faisaient plus rêver que faire !
Il avait bien l’envie, mais sans le pouvoir faire ;
Lors qu’alerte et enjouée, la dame du lieu
Saurait comme il faut accueillir le curieux.
La meunière, âme de braise libre et hautaine,
N'avait point de ces mœurs qu'un seul amour enchaîne.
Comme lui, la belle aux courbes enivrantes,
se rêvait des ardeurs de nuits luxuriantes.
Or, vient un voyageur, hardi et l’œil de flamme,
Portant en son regard l’étreinte qui désarme,
Le voilà, le pas prompt et la démarche agile,
Qui frappe effrontément au moulin fort tranquille.
La meunière peu en joie se voudrait frondeuse,
Mais sent sous sa peau nue battre la fièvre curieuse.
Voilà qu’à son tour, l'observant d'un air tendre,
Elle voit en ce passant maints plaisirs à prétendre.
Le vieux, voyant cela, propose sans ambages
Que tous trois, en secret, partagent leurs hommages.
Le jeune homme accepte, le cœur léger et franc.
Ô nuit ! Embrase alors leurs désirs triomphants !
Sous le toit d’une meule, les vents portent l’ivresse,
Tandis que les amants, dans l’ombre enchanteresse,
Entrelacent leurs corps, humant l’herbe et les vents.
Les froments caressent leurs ébats éclatants.
La nuit se fait tendresse, la chair devient festin,
L’ombre, un voile complice aux jeux des lendemains.
Corps unis, sans pudeur, dans la moiteur des foins,
Le vieux moulin vibre d’amours aux creux des reins.
Et elle, la meunière, au centre de la danse,
Permet qu’ils donnent à l’amour son élégance.
Tous trois unis dans une parfaite harmonie,
S’abandonnent à la nuit : elle et lui, et lui.
Mille mains se caressent, mille corps s’embrassent,
Chacun en l’une ou l’autre laisse ainsi sa trace,
L’un se finit là où l’autre se commence,
L’une et les autres sont le blé et la semence.
Corps emmêlés sans peur, sous l'ombre des volutes :
Le moulin rajeuni tourne au rythme de leurs ruts.
On s'y plaît, on y rit, on aime sans remord,
Jusqu'au souffle apaisé de la petite mort.
Le jour vit la clairière d’une aube nouvelle,
Dont l’herbe froissée gardait l’odeur charnelle.
Comme alors le soleil embrasait leurs prouesses,
Le jeune homme s'en fut, libre et le cœur en liesse.
Voyageur comblé, il reprit son doux chemin,
Laissant en cet asile l’écho de ses lendemains.
Le meunier et sa belle, d'un sourire discret,
Saluèrent le complice d’un si tendre secret.
Moralité : l'amour, qu'il soit simple ou fantasque,
N'a de lois que le cœur et la fête des masques.
Quand les corps sont d’accord, nulle faute n'existe,
Le plaisir est un don qu'aucun frein ne contriste.
Partie 3
Les dentellières et le galant
Deux dentellières, l’une alerte et toute jeune,
L’autre marquant le poids de ses hivers anciens,
Cheminaient par la plaine, au cœur d’un soir qui jeûne,
Lorsque une pluie d’été les surprit en chemin.
L’amoureux de la belle, un gars plein de promesses,
Offrit l’asile chaud d’une humble maisonnette :
« Entrez donc, mesdames, et chassez la tristesse,
Mon feu vaut bien l’auberge et ma couche est honnête. »
Le logis est simple, mais le lit confortable.
Les draps sentent la rose et le foin du matin,
Les deux femmes s'assoient, le regard plus affable,
La pluie à la fenêtre tisse un rideau certain.
Le jeune homme, sur le sol, s'étend sans attendre,
Laissant à celles-ci sa couche propre et nette.
Jamais la terre ne lui a semblé plus tendre,
Tant il sent son cœur serein, intègre et honnête.
Elles se rapprochent, sans chemise et frileuses,
Leurs regards à s'entendre, de silence noyés,
Leurs corps peu à peu, par la nuit fiévreuse,
S'approchent, frémissants, en un souffle voilé.
La jolie et la belle se trouvent troublées :
Leurs doigts se mélangent sous le bruit de l’ondée,
Un frisson les parcourt en leurs dessous mouillées.
Les cœurs battent plus fort par l’orage éclairés.
Le jeune homme, discret, les observe en silence.
Leurs souffles se suspend, son désir le consume.
En son corps insolent, voilà l’envie qui lance
Tandis que les femmes se frôlent dans la brume.
Les deux, en un soupir, révèlent leur ardeur,
Leurs lèvres se trouvent, en douce connivence,
Les mains de la nuit tirent le fil de leur cœur,
Se partageant l’aiguille en tendre bienveillance.
Comme le fier galant grelotte sur la paille,
Ses membres engourdis par le froid de la nuit,
Les deux femmes, émues, dans la pénombre en bataille,
Lui font alors une place contre elles, sans bruit.
Puis d’un geste alangui, un élan de tendresse,
Elles ouvrent leurs bras timides pour l’inviter.
Et l’homme, frémissant, en prend la douce ivresse,
Et la nuit s’étire, tendre à les réchauffer.
Il vient, le corps brûlant, s'abandonner aux nymphes :
Leurs lèvres le prennent en un baiser ardent.
Leurs mains le guident aux rivages des lymphes,
Où l'onde du désir le submerge en amant.
Leurs souffles emmêlés, doux échos de la chair,
S’offrent sans détour aux dentelles de la nuit,
Éphèbe éperdu, il s’égare sans repère,
Ignorant dans le noir où vont les œufs de buis.
Deux bouches en même temps en deux lieux l’embrassent
Des mains le serrent, le caressent à la fois,
Un océan de peau l’enveloppe et l’enlace,
Laissant ce doux filet l’emporter sous les draps.
L’aube se fit plus calme aux seins de leurs caresses,
Leurs cœurs en harmonie abandonnèrent leurs rets :
Au matin, les deux belles, comblées de tendresse,
Mirent sur le sentier leurs petits pas discrets.
Moralité : Au fil du temps, tissons donc à la ronde
Les dentelles que la vie, sans cesse, nous fronde.
Partie 4
Marjolaine et les gaillards
De deux façons l’Amour se voit dans nos campagnes :
L’un charge à grand fracas, l’autre avance en compagne.
Lequel croyez-vous donc trouve un lit pour ses pas ?
Voyons ce que fit l’un, et ce que l’autre a.
Au bord d’un vieux chemin, sous la feuille et le bois,
Opulente commère aux reins pleins et matois,
Marjolaine, en chaleur, ombrait ses blanches oies,
Quand vinrent l’épier deux gars, divers en joies.
Colin, vingt ans, le torse fier et l’œil vainqueur,
Se dit qu’un beau garçon n’a besoin que d’audace.
D’un bond il la saisit, serre sa taille grasse :
« Femme, je suis l’homme qui fera ton bonheur ! »
La belle, frissonnant, repousse l’animal :
« Hors de ma vue, lourdaud ! Garde donc tes caresses,
J’aime que l’on m’aime et non que l’on me presse,
L’amour n’est point affaire à payer d’un cheval ! »
Femme altière et agile, elle fuit le joug brutal,
Lui lance une taloche et crie en son corsage :
« L’agneau veut qu’on le mène avec un doux ramage,
Et non qu’on l’empoigne comme un bœuf au canal ! »
Et lui, hors d’haleine, n’y tenant plus, maugrée :
« Un homme de vigueur n’a point besoin de miel :,
Il plaît à la femme de le sentir en elle !
À quoi bon tous ces mots, ces fades simagrées ? »
Gabin, tranquille, d’un ton calme et décidé,
Éloigne galamment celle-ci du maraud,
Et présente humblement, face au piètre faraud,
Un discours où icelui ne peut accéder.
Mieux vaut ouïr un joli mot qu’un son sans idée,
Il faut charmer l’oiseau pour qu’il jouisse en concert.
S’avançant en plusieurs fois, d’un air plus sincère,
Et, guettant un accord, malgré sa joue ridée :
« Belle, en votre regard je vois mille étincelles,
Vous brillez de désir comme l’aube en ce jour.
Accordez votre corps : je l’ornerais d’amour
Et de mille baisers plus doux que des dentelles.»
Il hume sa sueur, frôle un sein qui palpite,
Souffle un conte galant tout près de son oreille.
Marjolaine, émue, se mord la lèvre vermeille,
Son cœur brûle le nid où sa candeur habite.
« C’est bien assez de mots ! » dit-elle en souriant,
Et la voici qui glisse au creux d’une charmille,
Gabin, ravi, la suit, plein d’une ardeur subtile,
Tandis que Colin râle, vexé mais impuissant.
Le jupon roule au sol, dévoilant des merveilles.
Comme il s’étend, poétisant en ce jardin :
« Voici chair de velours, de miel et de satin... »,
Voilà qu’elle dénoue sa ceinture de flanelle !
Sous l’ombre des rameaux, il et elle s’attendent,
Jouent à fuir, à céder, esquiver, s’abandonnent.
Leurs mains vagabondent, leurs bouches polissonnes
Goûtent aux fruits offerts que leurs corps se tendent.
Tantôt l’un se recueille, écoutant le soupir,
Tantôt l’autre s’incline aux fiévreuses caresses.
Chacun guide à son tour, sans heurt, sans hardiesse,
L’accord doux et parfait d’un brûlant élixir.
Sous l’ombre d’un verger, où soupire la brise,
Deux corps enchevêtrés s’effleurent sans pudeur.
Qui s’offre, frémissant, en proie à la langueur ?
Qui d’autre, sous la tendre ramée, improvise ?
De loin, Colin entend rire et parler trop bas,
Voit un tissu glisser, ceinture arrachée...
Puis le silence… et lui, se trouvant bien fâché,
Marmonne : « Parbleu ! J’aurais dû faire comme ça ! »
Partie 5
L’atelier des potiers
Ils tournaient la terre, le feu, le sable et l’eau,
Lui, dru comme un vieil arbre, au tronc sombre et beau ;
Elle, sobre et altière, le silence éloquent,
Maîtresse du fourneau, brasier suffocant.
Un jour vint la Lison, ni sotte ni cruelle,
Fine taille, œil mutin, mais l’âme sans trop de sel.
Elle minaude un peu, frôle un pot, s’extasie.
Le potier reste froid, l’ignore et la dévie.
La potière sourit sous ses cheveux boueux,
Et regarde sans fiel, sans rire sentencieux.
Elle a les tempes d’argent, les hanches adossées :
Tout son corps dit le goût de vivre sans repasser.
S'avance, frêle et doux, un poète en velours,
Dont l’œil s’égare, ému, vers ses puissants contours.
Il dit peu, mais il voit — et ce qu’il voit le branle :
Il rêve d'être cette terre qu’elle ébranle.
Lison raille à mi-voix ce garçon effacé,
Qui baisse un peu les yeux dès qu’un sein est dressé,
Mais s’émeut d’une vieille au vaste tablier :
La risée arrive à l’oreille du potier.
Alors, d’un ton paisible, il prend Lison à part :
« Tu veux l’homme accompli, soutenant les regards ?
Et lui, pourquoi n’aimerait-il pas l’âge, dis-moi,
Les marques du corps le laisseraient sans émoi ?
Tu plais, c’est vrai, Lison, ta grâce est ingénue,
Mais l’on sent dans tes mots la rosée mal venue.
Si la force au masculin brille en poils argentés,
Pourquoi ce sel, aux femmes, serait-il rejeté ?
Ma femme est un chêne que ne rompt pas l'orage ;
Tu me trouves beau : elle est belle par son âge.
Tu veux la stature, sous le harnois blanchie.
Pourquoi un autre cœur n’en voudrait pas aussi ? »
Lison baisse les yeux, le front un peu défait ;
Un frisson a passé, sans aucun autre effet.
Elle fuit sans élan, le menton effleuré.
Un doute la pique sur sa vaine beauté.
Près des étals brûlants, le jeune veut parler.
Il est une pierre redoutant de rouler.
Sa belle avance alors, sans mot, le dévisage ;
Une rougeur discrète affleure son corsage.
L’échange l’a touché comme un mot inconnu.
Elle lui tend un pot, tiède entre ses paumes nues,
La glaçure en sueur sous l’éclat assourdi.
Il rougit, elle penche, le silence a tout dit.
Mais dans l’atelier clos, la chaleur persévère,
Un bras modèle l’argile et l’autre suit la terre.
Ils contemplent son cou, et sa main qui s’affaire ;
Elle corrige un geste en frôlant un flanc clair.
Celui-ci, studieux, caresse la terre grasse.
Main sur sa hanche, il suit la courbe qu’elle trace,
Tant le grès et la main lui semblent infinis.
Et le potier murmure : « Tu m’en laisses un peu, dis ? »
Ils tournent. Elle incline. Il s’anime, il apprend.
À deux, à trois, ils façonnent les éléments.
Le tour halète un peu, le roc se fait caresse,
Et l’argile mouillée retrouve sa tendresse.
Quand le soir descend, qu’on allume les bougies,
Il salue sans un mot, les joues encor rougies.
Ils répondent d’un œil complice et sans détour :
Ce fut un beau passage, au pays de l’amour.
