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SALIVE

Ici, essai de la page pleine de bave, jolie bave, celle générée par l'envie et le désir de s'en lier dans la langue, avec, tout contre, glande salivaire, possibilité d'étalement, surface de lèche infinie mais précise.

Ici, seront posés, déposés, [presque] librement, ici vont entrer en résonances vos textes et les langues appelées et déployées dans cunni lingus, ici des liens frétillent de se faire.

Envoyez-nous vos écrits, brouillons, palimpsestes... toute page mettant à l'œuvre vos émulsions qui interrogent nos constructions sociales, l'identité de genre, sa réalité ou sa virtualité, nos relations aux vivants, les notions, concepts et valeurs sur lesquels repose l'hétéronormativité... Nous salivons déjà de vos tentatives où langue oscille, bouscule/bascule.

Tous les textes seront publiés sans passer par le comité de lecture, à l'exclusion de ceux qui ne correspondraient pas aux critères de la revue ou de ceux qui pourraient présenter des propos à caractère raciste, sexiste, homophobe, transphobe, injurieux... Les écrits y répondant indirectement ou dont les extraits envoyés ne rendent pas lisibles/visibles ce travail devront être accompagnés d'une note d'intention.

Envoi à qunnilingus[at]gmail.com.

2026

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07.03.2026

SENTIMENT BRUTAL


HEUREUX EST LE PAYSAGE

PUISSANCE DE NAÎTRE DANS LA CONFUSION

LA RUELLE PRÈS DES MERS

LA TENDRESSE QUI ÉTOUFFE

ALCOOLISME BÉANT

LES PREMIÈRES GRAINES DE LA LÉGÈRETÉ

BROOKLYN REPORTAGE

BRUIT D’ANNONCE

ET RESSORTISSANTS QUI FONT LA FÊTE

BROOKLYN

JUNTE CUTANÉE

VIANDE ET FUMIER

J’AI LA COCARDE ENSANGLANTÉE

ET JE M’APPELLE

CURIEUX BROOKLYN

COMME CE FÉMININ LIBERTARIEN



 

SEIGNEURS DE LA BEAT


 


 

METTRE DE L’UNIVERS

DANS LES RACES PRESBYTÈRE

S’APPUYER SUR L’ORÉE D’UN GRAND FLEUVE

POUR CHANGER NOS PETITES PÉTASSES

EN UN DAIM ARGENTÉ

RENDRE INÉVITABLEMENT

LES MASSES ÉCLAIRES

PLUS SORDIDES QUE LES VIVANTS

SE VAMPIRISER

AUTOUR DE RÉSERVOIRS DE CAMIONNETTES

IMITER LA BRUTE RÉTROGRADE

POUR ÉCRIRE DES LETTRES EN FIN D’ANNÉE

PLEINES DE GESTES ET DE J’Ai ÉTÉ




 

AVEUGLE ET NU


 

JE VOYAGE SILENCIEUSEMENT

DANS LA ROBE DU VIVANT

MATRAQUÉ D’UNE SOIE INCONFORT

DE LA MILICE DÉSARGENTÉE

DANS UNE RÉPUBLIQUE DE PITIÉ


 

LES VILLAS TRÉBUCHENT

DES FRACTIONS DE MA ROUTE

MALAXÉE AU POSSIBLE


 

LE SEIN VIDE

LE CŒUR À MOITIÉ DÉVALISÉ

JE FAIS L’ANGE

DE LA TOUR OU DU PONT

MÉDECIN


 


 


 

LA GUEULE TORRIDE

Je tronche mon portrait hydraté

pour de sinistres idées

Une embarcation de lumière et un peu de kiffe

contiennent mon élan de virginité

Vers l’insoluble

Les personnages nous excitent

et le monde nous béatifie

Jusqu’à ce que, seul

ma voix ne tranche plus

que pour le caniveaux

Alors

je me noie

Un gros sac de plaies à portée

Margot Bogaerts

 

 

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14.02.2026

Ma soleil

Ecriture orangée qui te nomme “soleil ».

Bleu comme le ciel,

blanc comme les nuages,

orange comme le soleil.

Chacun matin, je bois le ciel.

Tasse-soleil,

tasoleil,

ma soleil

qui illumine mes matins

un peu trop gris,

un peu trop gros.


 

Sans anse, deux doigts ne suffisent pas. Ma main entière doit la prendre pour la porter à mes lèvres. Serrée contre ma paume, contre l’ensemble de mes doigts. Sa chaleur réveille mon corps engourdi, elle réveille ma peau endormie. Si petite, elle m’oblige à être vigilante, à boire lentement, à savourer l’instant pour ne perdre aucune goutte des joyeux rayons de ma soleil.


 

Si le soleil se cache,

La soleil est contre moi.


 

La lenteur de ma soleil, la douceur de ma soleil. Non plus l’action, la vitalité, la force du grand soleil. Comme en allemand, « die » Sonne. Si le soleil devient féminin, change-t-il ? Questionner les déterminants, les imaginaires créés par ceux-ci. Pourquoi le soleil incarnerait la force ? Pourquoi la force serait masculine alors que ce mot est féminin ? Ne plus attribuer de genres aux éléments, ne plus attribuer des épithètes genrés aux éléments. Se souvenir que tout notre monde a été étiqueté. Libérer le vivant de ces mots-cadenas.


 

Les

éléments

seront

sensations.

Aujourd’hui, ma soleil est douxe.


 

Et demain, m* soleil que sera-t-iel ?

Marie Willeaume

 

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01.02.2026

Comment s'aiment les menteuses

 

Je prends sa main pour se balader

elle balade sa main sur mes dents et elle me dit : souris plus fort j'entends rien, je dis : j'essaye

et je mords à pleines dents dans sa tresse, elle dit : essaye mieux

je dis : j'essaye

 

Je sers la mâchoire plus fort et je dis : mes mains sont trouées pour toi

Elle dit ça se voit, je dis désolée, elle dit t'inquiète

 

On cherche comment se tenir dans les mains. On trébuche sur des lattes de parquet posées pour le futur. On écrase des mégots dans les gâteaux qui sortent du four. On crie sur les passages piéton et on dort sur les capots de voiture. On se mord dans les lèvres et dans les yeux et dans les langues et ça saigne et souvent c'est l'amour fou

 

Finalement ses joues sont moins douces que ce que j'avais imaginé

Elle dit : je suis pas là pour te plaire

Elle dit ça les doigts dans une bouche pas la mienne et les autres autour de ma gorge

Elle dit : je frapperai avec douceur

Elle dit : j'aurai la lèvre fendue et le cœur intact comme du double vitrage, tu veux ?

 

Elle dit : je sais reconnaître une menteuse quand j'en vois une

Et on part pour s'aimer brutalement entre menteuses

Ju Roses

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21.01.2026

 

A vous en lécher les babines

Primat des langues

Des bêtes à cornes 

Et de l’altitude dans les fourrés

C’est moi qui t’interdis le dimanche

De cavaler

De fuir outre vallée

Le monde créé des libertins

Succession des signifiants

Je te cueille par l’allemand

Dans le divan, dans la cuisine

Près des abondances et des loisirs

Maintenant que la lutte est terminée

Et le score de zéro-zéro

Tu fais un geste planté dans ma carcasse 

Langue vivace 

Qu’on a trainé par les pieds

Margot Bogaerts

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