SALIVE
Ici, essai de la page pleine de bave, jolie bave, celle générée par l'envie et le désir de s'en lier dans la langue, avec, tout contre, glande salivaire, possibilité d'étalement, surface de lèche infinie mais précise.
Ici, seront posés, déposés, [presque] librement, ici vont entrer en résonances vos textes et les langues appelées et déployées dans cunni lingus, ici des liens frétillent de se faire.
Envoyez-nous vos écrits, brouillons, palimpsestes... toute page mettant à l'œuvre vos émulsions qui interrogent nos constructions sociales, l'identité de genre, sa réalité ou sa virtualité, nos relations aux vivants, les notions, concepts et valeurs sur lesquels repose l'hétéronormativité... Nous salivons déjà de vos tentatives où langue oscille, bouscule/bascule.
Tous les textes seront publiés sans passer par le comité de lecture, à l'exclusion de ceux qui ne correspondraient pas aux critères de la revue ou de ceux qui pourraient présenter des propos à caractère raciste, sexiste, homophobe, transphobe, injurieux... Les écrits y répondant indirectement ou dont les extraits envoyés ne rendent pas lisibles/visibles ce travail devront être accompagnés d'une note d'intention.
Envoi à qunnilingus[at]gmail.com.
2025
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16.03.2025
Apprendre à marcher
Jambes fatiguées au beau milieu de la matinée
dans une impasse bordée de rats ( je crois )
pas de carrefour mais le chariot est plein
de morceaux de verres ( 2 bières déjà bus )
que j'attends si patiemment d'ingurgiter.
Je ne sais toujours pas comment je me suis retrouvée là, sur le trottoir, à côté d'enfants
dessinant des cœurs et des étoiles sur la chaussée.
Depuis leur place, ils finissent par observer ma démonstration de grâce :
comment mettre un pied devant l'autre avec une précision douce et insouciante.
( Je rote mes bières. Ça fait marrer les enfants )
J'essaie de leur montrer ( je décolle un pied du sol et prends la pose d'un flamant rose )
bizzare ( il plane à quelques centimètres du sol, fait du hula hoop )
comment bouger ? ( le sol s'éloigne donc je m'éclate le sourire sur les ordures )
Je suis mal à l'aise...
j'essaie d'exécuter le corps qu'on m'a donné
de la mauvaise façon
devant le mauvais public.
( C'est un peu à cause des bières tout ce cirque
mais ça fait marrer les enfants. )
( J'ai eu une enfance peu folklorique
c'est un peu pour ça : les bières. )
J'essaie de suivre une ligne droite, les bras relâchés le long du corps
la tête haute et en arrière, inconsciente du fonctionnement de mes pieds
mes pieds qui me disent
qu'il est déjà 15h 15h ?
( J'ai mal entendu ? Silence )
Puis, je ferme les yeux et je pleure
en souriant, je dis :
« Marchez vers moi les enfants, vous pouvez le faire »
Puis, je me retourne, mais ils ne sont plus là.
Je ne décrirai pas mon corps plus que ça :
c'est une toupie qui rit dans sa tristesse privatisée
c'est une feuille avec des spasmes involontaires
qui essaie d'enseigner un acte d'artifice d'armistice.
Morgane Oneckssy
( Je veux apprendre qu'un jour, ça marchera avec mon corps. )
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27.02.2025
j'articule
la soif à
la source
contrée lente
là
où brûle
ton cri
je salive
le feu
j'ameute
les étoffes
tu halètes
dans les creux
je lappe le jour
tu polis l'amour
pour lapper nos déchirures
le secret de la salive est muet
Stéphanie-Alice Sepschatski
Quelques mots du journal d'alice : le poli de l'amour
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13.02.2025
Une famille mangeait des saucisses. Tous les samedis midis, depuis des siècles, elle en mangeait. C’était une coutume héritée de la grand-mère, ou de l’arrière-grand-mère, ou de l’arrière-arrière-grand-mère. La première trace de saucisse retrouvée dans la famille remonte à l’époque de la Révolution française. Une légende dit même qu’à cette époque, on fabriquait des saucisses avec la chair des décapités. Mais la famille évitait d’en parler à table, bien qu’il y eût toujours l’oncle bourré pour ramener inlassablement ce sujet dans les conversations. La saucisse était pour la famille un symbole révolutionnaire, une coutume qui incarnait la pure liberté.
La famille mangeait des saucisses. Il y avait la mère, le père, le frère et les deux sœurs. Il était midi, dehors, tout allait bien. Il faisait beau. La famille mangeait des saucisses. Elle les léchait, les mordait, les déchiquetait, les mastiquait, les avalait d’une bouchée. Saucisse, saucisse, saucisse. La famille était la spécialiste de la saucisse, si bien qu’elle n’avait même plus besoin d’en parler. Elle mangeait en silence, sans même se rendre compte du silence. On n’entendait que le bruit des fourchettes et des couteaux, la chair des saucisses s’ouvrant et les bouches mâchant.
Mais tout d’un coup, l’aînée des sœurs décida de briser le silence éternel. Elle posa sa fourchette et son couteau, se leva avec détermination et déclara : « Je suis lesbienne et j’adore manger des saucisses. » La famille, stupéfaite, s’arrêta de manger et regarda l’aînée avec de grands yeux écarquillés. La sœur, qui était assise en face de l’aînée, après quelques hésitations, se leva à son tour et prit la parole : « Moi aussi, je suis lesbienne et j’adore manger des saucisses. » La mère bondit de sa chaise, regarda ses filles un moment, puis prit une grande inspiration et dit : « Moi aussi, je suis lesbienne… et j’adore manger des saucisses. »
Le père et le frère échangèrent un signe de tête, comme un accord tacite entre eux. Ils s’essuyèrent la bouche, pleine de sauce de saucisses, se levèrent également et dirent solennellement : « Nous aussi, nous sommes lesbiennes, et nous adorons manger des saucisses. » Ce fut une explosion de joie. La famille se prit dans les bras, jeta les saucisses en l’air, les rattrapa avec les dents, les avalait en même temps qu’elle s’embrassait, encore et encore.
Les voisins, deux professeurs à la retraite qui habitaient la maison d’à côté, et qui n’arrêtaient pas d’appeler la police dès qu’ils entendaient le moindre bruit, furent interpellés par la scène. Le mari se souvint de l’époque où, lorsqu’il était étudiant et sans le sou, il volait des saucisses au supermarché dès qu’il sortait de cours. Il se rappelait de la caissière pour qui il avait eu un béguin, et qui était devenue sa femme peu de temps après. Leur vie avait été très tranquille, sans grandes vagues, ni petites. Elle avait été si douce qu’ils avaient oublié comment s’aimer. En voyant la famille lesbienne s’embrasser et manger des saucisses en même temps, ils éprouvèrent un sentiment de bien-être profond, qu’ils n’avaient pas ressenti depuis bien longtemps. Ils regardèrent, se prirent la main et se levèrent tous les deux pour aller au balcon : « HEY LES VOISINS ! NOUS AUSSI NOUS SOMMES LESBIENNES ET NOUS ADORONS MANGER DES SAUCISSES ! C’EST INCROYABLE, N’EST-CE PAS ?! HAHAHAHAHAHA »
(Après ça, on dit que le couple s’avoua qu’il avait des amants cachés, hommes, femmes et non binaires, et ce depuis des années. Ils décidèrent d’ouvrir leur maison à tous et de continuer à s’aimer à plusieurs. Ils n’appelèrent plus jamais la police.)
Leurs voix et leurs amours éveillèrent toute la rue. Les voisins des voisins des voisins des voisins, qui d’habitude ne s’adressaient même pas un bonjour le matin avant d’aller au boulot, commencèrent à s’interpeller dans la rue, à se regarder dans les yeux intensément, et à se hurler mutuellement : « JE SUIS LESBIENNE ET J’ADORE MANGER DES SAUCISSES ! C’EST VRAI ?! MOI AUSSI JE SUIS LESBIENNE ET J’ADORE MANGER DES SAUCISSES ! » Les hurlements retentirent dans toute la ville, qui décida assez rapidement d’en faire son hymne :
« Les habitant.e.s de cette ville sont lesbiennes et adorent manger des saucisses. »
Cet hymne fut chanté lors de toutes les rencontres sportives, politiques et culturelles de la ville. Après une rencontre de gymnastique artistique, où les gymnastes de la ville étaient arrivées dernières du classement, elles chantèrent l’hymne malgré tout et commencèrent à s’embrasser à foison, sortant des saucisses de leur justaucorps pour les jeter sur le public. Une personne filma la scène et la posta sur les réseaux sociaux. En un temps trois mouvements, l’hymne fit un buzz interplanétaire. La vidéo fut partagée des milliards de fois, l’hymne devint une référence mondiale. Il est impossible de compter le nombre de personnes qui revendiquèrent fièrement : « Je suis lesbienne et j’adore manger des saucisses. » On en fit des chansons, des mix, des slogans, des tee-shirts, des mugs.
L’hymne traversa tout le pays, franchit les frontières et les océans, ainsi que la couche d’ozone. On dit même que le premier humain à avoir marché sur la Lune prononça ces mots avant de planter son drapeau : « Je suis lesbienne et j’adore manger des saucisses. » Ou plutôt : « I am lesbian and I love to eat sausages. » Ou encore : « Soy lesbiana y me encanta comer salchichas. »
« Je suis lesbienne et j’adore manger des saucisses » résonna dans les cathédrales, les églises, les chapelles et les mosquées. Dans les assemblées nationales, les comités d’entreprises, les hôpitaux, les usines et les écoles. Les autorités essayèrent de contrôler ce mouvement, mais à chaque fois qu’elles tentaient de diminuer les quantités de saucisses dans les supermarchés, et de rappeler les valeurs de l’hétérosexualité, les foules se révoltèrent : « Laissez les lesbiennes manger des saucisses ! » Des manifestations eurent lieu dans les capitales, des guerres éclatèrent entre les foules et les États, totalement dépassés par le phénomène. Les présidents envoyèrent la gendarmerie, la police et l’armée pour intimider les lesbiennes les plus affamées. Mais au sein même des groupes répressifs, le mouvement se répandait, si bien que les gendarmes, les policiers et les militaires retirèrent leurs uniformes et coururent tous nus dans la foule : « NOUS SOMMES LESBIENNES ET NOUS ADORONS MANGER DES SAUCISSES ». Les derniers chefs tortionnaires des derniers pays résistants jetèrent l’éponge et s’avouèrent finalement, après tant d’années de lutte, qu’ils étaient eux aussi « un peu » lesbiennes, et qu’ils adoraient manger des saucisses « de temps en temps ». Le combat était gagné. Tout le monde était lesbienne et adorait manger des saucisses. On essaya de retracer l’histoire de cet hymne, mais la famille était morte et oubliée depuis longtemps. Les historiens estimèrent une date et un lieu, les sociologues tentèrent d’analyser l’évolution du phénomène, les philosophes se demandèrent qui, entre la lesbienne et la saucisse, était arrivé en premier. Certains affirmaient : « Je pense, donc je suis lesbienne. » D’autres rétorquaient, plus dubitatifs : « On ne naît pas lesbienne, on le devient. » La saucisse étant davantage une affaire des sens, les phénoménologues s’intéressèrent à la manière dont la saucisse influençait notre perception. Ils expliquèrent que la saucisse n’était pas qu’un met de goût, mais une expérience kinesthésique totale, qui altérait notre manière de nous tenir et de nous mouvoir dans le monde. Il est vrai que certaines lesbiennes, les plus affamées, avaient développé une démarche dite « la démarche-saucisse », plus souple et rebondie que la normale. Certaines même avaient des visions. Elles confondaient toutes les formes phalliques avec des saucisses, et ces formes leur parlaient dans leur sommeil. Et puis il y avait les religieux qui disaient que Dieu était lesbienne, et que la saucisse était le nouvel ostie. Les artistes, inspirés, en firent des chansons, des romans, de la poésie, des films, des pièces de théâtre et de danse, des installations scénographiques. On réécrivit les classiques : « Être ou ne pas être lesbienne ? Telle est la question. »
Pendant ce temps, le monde préparait sa fin, sans que personne ne remarque quoi que ce soit. Tous les paysages étaient en train de brûler, de fondre, de moisir et de se décomposer, laissant les animaux et les humains tomber, mourir et se dissoudre en masse. On construisit des capsules temporelles pour préserver les derniers vestiges de l’histoire. On y enferma l’hymne « Je suis lesbienne et j’adore manger des saucisses », dans l’espoir qu’une autre civilisation puisse un jour le retrouver et découvrir l’une des caractéristiques les plus essentielles de l’humanité.
Après l’extinction complète du monde, lorsque les cadavres des derniers survivants flottaient dans l’espace infini, toutes les capsules se dispersèrent dans l’étendue de l’univers, prenant des directions opposées selon les forces invisibles qui les orientaient. La capsule de la lesbienne et de la saucisse erra très longtemps dans l’espace. Elle se cogna contre Jupiter, puis Mars, faillit fondre en s’approchant du Soleil, se gelant près de la Lune. Elle traversa plusieurs galaxies, plusieurs planètes inconnues.
J’aimerais vous dire que la capsule tomba entre les mains d’une autre espèce, sur une autre planète, dans une autre vie, et qu’elle continua à répandre son message existentiel. Mais malheureusement, je n’en sais pas plus. La dernière fois que j’ai vu la capsule, elle s’approchait d’un immense trou noir. Peut-être l’a-t-elle évité de justesse, ou peut-être le trou noir l’a-t-il absorbée totalement. Je ne peux pas pousser le récit plus loin. C’est impossible, je ne suis pas Dieu, je ne suis rien de tout cela. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je suis lesbienne et que j’adore manger des saucisses.
Et vous ?
Garance Maillot
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01.02.2025
CONSULTABLE*
SYMPHONIE LINGUISTICO-POETICO-PORNOGRAPHIQUE
- extrait -
(T) Position : 83
Beaux Gros Seins
Une selepe en cuir nous montre sa très grosse paire de ssss !
Position : 84
(P) Phase 0 : je parle aux morts
(C) c’est une mauvaise méthode que de partir des mots pour définir des choses
(E) « On n’est pas des buses ! », s’exclament, outrés, certains hommes qui l'ont lu
(T) master in bed games
(P) exercice de la chaise façon crazy horse
(F) tu f’rais mieux de te prendre pour marguerite duras
(P) s’il le faisait je m’évanouirais
(T) Position : 85
Photos Pipes
Photos de fellation gratuites !
Position : 86
(C) non seulement la science de la langue peut se passer des autres
éléments du langage, (P) coupe le contact
(C) mais elle n’est possible que si ces autres éléments n’y sont pas mêlés
(P) je ne veux pas perdre les pédales
(H) 3 – pour se débarrasser de nos enseignements elle oubliera le langage
(T) Position : 87
Photos H.
6 mecs musclés vous montrent leurs grosses
Position : 88
Position : 89
(H) Censurée
(P) Phase 0 : je parle aux morts
(F) tu ne trouves pas que c’est répétitif comme texte ?
(P) aimer ne sert à rien
il faut que je coupe le contact
(T) Position : 90
Photos Asiatiques
Une belle jeune asiatique avec des beaux gros ssss naturels pose ici
Position : 91
Mûre gratuit
Une dame d'expérience montre ses gros nichons et sa chete humide et usée !
(P) Phase 0 : je parle aux morts
Phase 0 : je lis les livres des morts
Phase 0 : je lis l’écriture des morts
Phase 0 : je me demande de quel lieu ils écrivent
Phase 0 : quand on est mort on est mort mais on écrit encore
(H) 1 – et me scalper le mohican ça t’fait pas rire non plus
(T) Position : 92
Sexe en groupe
Ménage à trois de 2 filles et un mec pervers qui bzent sur la table à pique-nique !
(E) mais elle est formelle : quand votre tête se trouve au niveau de son sexe, il ne voit que vos cheveux, la technique passe inaperçue
(H) 3 - elle articulera des sons incompréhensibles
(T) Position : 93
Photo XXX Gratuit
Un couple se tape une petite bze bien méritée
(C) la langue littéraire dépasse de toutes parts les limites que semble lui tracer la littérature
(P) aimer ne sert à rien
(T) your huge machine will
(F) 2 - non ne viens pas
l’odeur y est insupportable non ne viens pas
maintenant attends que je nettoie attends que l’odeur soit
partie tu ne supporteras pas cette odeur tu ne
supporteras pas cette odeur
(P) coupe le contact
(T) Position : 94
(C) dans la langue, il n’y a plus que l’image acoustique
(P) je ne vois pas pourquoi il le ferait
(T) Position : 95
Photo Vulve
Une poulette exhibe ses petits ssss et pénètre sa petite chete humide avec son
(H) 2 – chère poétesse vos beaux yeux d’amour me font je vous assure que ce n’est pas sale !
(T) Position : 96
Site de cul gratuit
Une brunette avec des petits ssss adore se faire déf. lechete
(C) la langue étant le dépôt des images acoustiques, et l’écriture la forme tangible de ces images
(P) il y a des jours où j’aimerais qu’il l’ait fait ça m’éviterait d’y penser toute la journée
(T) Position : 97
Joelle Coquine
Jolie fille exhibitionniste avec une petite chete rasée!
Position : 98
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2 copines en manque (H) desss (T) bze sur la table de la cuisine comme de sales
Position : 99
Exhibitionniste Amateur
Je suis Paulette et je veux te montrer mes photos persos
mad preliminaires
(P) ce serait fait un point c’est tout
(E) les femmes de plus de 50 ans vivant en couple sont aussi plus actives sexuellement : en 1970, une sur deux avait des rapports sexuels avec son mari ou son compagnon . Aujourd'hui, elles sont neuf sur dix
(C) d’autre part elle pose la grosse question du conflit qui s’élève entre elle et les dialectes locaux
(T) Position : 100
Cochone
Jolie brune avec de beaux ssss qui sait se faire plaisir en solitaire
Position : 101
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Plus de 162 videos de sexe hardcore
(C) toute langue littéraire, produit de la culture, arrive à détacher sa sphère d’existence de la sphère naturelle, celle de la langue parlée
(H) 3 - nous lui taperons la tête dans les murs jusqu’à ce qu’elle arrête
(P) poser la question à sa mère
l’entendre répondre c’est beau un homme nu
mettre les hommes à nu pour voir
se demander si, finalement, elle ne parlait pas de leur corps
(T) Position : 102
Étudiante Nue de 18 ans
Amanda s'exhibe en espérant faire une rencontre et enfin trouver l'amour
(P) j’écris dans ma tête
(F) ben ma pauvre fille c’est pas comme ça que tu vas te trouver un mari
(F) 2 – ne t’inquiète pas il lui ont fait une injection pour l’aider à
ne t’inquiète pas
(T) Position : 103
Amatrice Femme
Madeleine se met nue, nous montre sa petite chete mouillée et ses beaux ssss ronds
(C) formes artificielles de la langue telle que la langue littéraire
(H) 1 – autichante d’allumelle
(P) on n’en parlerait plus
(T) Position : 104
Clique pas ici !
Clique pas ici le contenu est pour adultes avertis seulement !
(E) autre évolution, les femmes déclarent plus de partenaires qu'autrefois
(H) 3 - elle partira
(E) (en moyenne 4,4 en 2006), mais toujours moins que les hommes
(H) 3 - elle partira
(E) (11,6, un chiffre stable depuis 1970)
(P) dans ma tête c’est mieux que sur la page
(H) 2 - chère poétesse si tu ne cèdes pas à mes avances je me tue
(F) tu pourrais faire le tri on n’y comprend plus rien
(T) Position : 106
Gonzesse Nue
Coquette blondinette qui cache sous sa jupe
(F) ben ma pauvre fille c’est pas avec ça que tu vas nous faire un bouquin
(P) on a identifié le corps
(T) Position : 107
(C) la tâche du linguiste est de définir ce qui fait de la langue un système spécial
(P) il n’en a jamais parlé
(F) fallait bien que ça arrive
(T) Position : 108
Chete Gratuit
Une coquine fait sa toilette matinale...
Position : 109
(C) c’est qu’on tourne dans un cercle ; (P) il faut que je coupe le contact (C) d’une part, rien n’est plus propre que la langue à faire comprendre la nature du problème sémiologique
(T) fierce and furious in bed
(F) de toute manière personne ne comprend jamais rien à ce que tu racontes
(H) 3 – nous lui ferons porter tous les noms des antiques et ceux des femmes inventées selon qu’elle sera
(P) l’excitation vient de la répétition
(T) Position : 110
Bze Anal
Une selepe bl se fait déf. son petit par une grosse bete
Position : 111
(P) non je ne ferai pas ça
(C) le grand public ne voit dans la langue qu’une nomenclature
(F) c’est malin de me dire ce que tu penses
(T) Position : 112
Jeune Mignonne
Xavière est une jeune dragueuse qui aimerait bien se faire bzer
(H) 1 - certains jours t’es plus baisable mettable foutable bandante
(P) regarde le correcteur d’orthographe n’accepte pas tous les mots
va falloir maîtriser ton langage
(F) alors tu peux écrire n’importe quoi
(T) Position : 113
Photos Cochones
Très jolie poulette (H) censuré (T) pendant qu'elle se (H) censuré (T) lechete!
(P) ne pas écrire jusqu’à l’obsession de l’écriture
aimer ne sert à rien
le corps n’est pas visible
(F) va-z-y continue ma fille
Nadine Agostini
*Consultable est un long texte écrit pour la performance vocale, d'où les lettres entre parenthèses qui représentent les locuteurs. L'autrice l'a souvent lu en public dans différents lieux et festivals. Ce texte est constitué d'annonces pornographiques, d'écrits personnels, de passages de Cours de linguistique générale de Ferdinand de Saussure, de conversations web à propos de la sexualité et d'extraits de chansons interprétées par Marilyn Monroe et autres. La partie envoyée fait suite à celles publiées dans d'autres revues (Bacchanales, Faire-Part (n° spécial Liliane Giraudon), L'Intranquille, Teste). Comme des épisodes. Après (F) va-z-y continue ma fille, il n'y a pas de chute, il y a continuité du texte.
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16.01.2025
Comme un crachat à l’eau de roche
Comme un crachat à l’eau de roche
Ce fut clair et délictueux
Délicieux
Comme un langage que nous seul.es ne parlons
Je t’ai comprise
Comme une main tendue arrachée
J’ai voulu avaler ta bouche ta langue
A m’en étouffer
Pour m’offrir les restes de ce fluide filial
Qui de nous deux dit merci à l’autre d’encore exister ?
Et le monde nous prendra pour fous
De nous abaisser à te lécher
Nous qui te foulons de nos pieds
Mais si te lécher est si rabaissant ne serait-ce précisément parce que nos pieds salissent tout ?
J’ai bu ce que tu me donnais
Parce que ce don
Tu es comme une mère à qui je n’aurai jamais dit
Je t’aime
On a essayé de se séparer
Alors qu’ensemble on ne serait que plus grand
Les ramifications des arbres générationnels
Que nous avions souhaité trucider
Elaguer
Auraient pu nous immensiter
Les feuilles que l’on fantasme cache-sexe, Auraient pu être tellement autre et même à la fois
Si la terre devient sèche,
Je lui appliquerai de la crème
De jour le jour et de nuit la nuit venue
Je ne saurai pas quoi ni comment faire autrement
J’étoufferai la terre de mon amour maladroit
Qui parle et dit
Je ne connais pas la différence
Calquant sur elle mes propres cataplasmes
Bouillant bouillis
Que va-t-il advenir de nous qui ne voulons voir que ce que nous voyons ?
Les yeux fermés habillés de lunettes
De soleil dans le noir
Les yeux ouverts sans regard
Les yeux bandés détournés retournés révulsés
Fuyant déviant projetant
Nous faisons tout pour ne rien voir
Le subtil devient subtilisé
De grand.es illusionnistes
Coralie Gérardin
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03.01.2025
Il faut que t'arrives à t'organiser mieux
regarde c'est pas compliqué, envoie-lui un message
Je sais pas c'est pas si compliqué ?
C'est juste une question de méthode
T'es adulte quand même maintenant
Tu peux pas dire que t'es lesbienne après tout ce temps
Tu peux pas dire
Tu peux pas
C'est pas vrai tu sais tu le sais t'en as conscience
puis
Larmes larmes larmes console-moi je suis au fond du gouffre mais en silence je veux plus entendre tes mots je veux juste que tu restes à côté de moi mince et solide et sage
Alors que moi en vérité j'ai toujours peur de déborder
Peur que les autres sachent que
Mais si je me retrouve à
Et des mensonges gros comme
Ou l'avenir d'un coup qui
Ça dégouline de
Attention c'est là
Que je suis trop en crush sur ta sœur
Que petite je voulais être marchande de bisous
Comme une sorte de fille suprême qui fait des kiss à tout le monde
Ma mère m'avait dit mais quoi
T'embrasseras même les vieux moches
Et j'ai dit oui les pauvres bien sûr oui c'est ce que font les gentilles filles
Bien sûr c'est gentilles qu'on les aime
Moi des filles j'aime
les bijoux les roses rouges les strass les bougies parfumées les huiles pailletées les décolletés la colère la dentelle le désir violent les lunettes de plongée et le sérum phy les bleus dans mon cou le string qui dépasse la honte la difficulté à prendre la parole la difficulté à dire non les yeux qui rasent les murs et les mains qui rasent les jambes et qui entrent dans les bouches à quelques doigts près les bagarres pour mettre sa langue la première et tomber têtes contre sol
Finalement je pensais pas mais on dirait qu'on est plein à laisser tomber
Y a de la beauté dans laisser tomber
Dire ça vaut pas la peine
Cette fois-ci non
Ju Roses